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ACV

Définitions et objectifs
Mthodologie
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Forces et limites
Outils pdagogiques

Définitions et objectifs

L'organisation internationale de normalisation (ISO) définit l'analyse du cycle de vie (ACV), ou écobilan, comme suit :

« Compilation et évaluation des entrants et sortants, ainsi que des impacts potentiels environnementaux d'un système de produits au cours de son cycle de vie » (ISO 14040:1997)[1].

Parmi les outils proposés par la gestion du cycle de vie (GCV), l'ACV constitue une des méthodes les plus complètes et performantes. L’ACV est le seul outil qui permette d’évaluer les conséquences environnementales d’un produit ou d’une activité (un système de produits) sur l'ensemble de son cycle de vie. En effet, l'analyse prend en compte :

  • L'extraction et la transformation des matières premières
  • La fabrication
  • L'emballage et la distribution
  • L’utilisation
  • La fin de vie du produit.

L'ACV a comme principal objectif de permettre la réduction des impacts des produits et services sur l’environnement. Pour les entreprises, les concepteurs et les gouvernements, l’ACV est un outil d'aide à la décision pour l’application du développement durable.

 

Méthodologie

Régie par les normes de la série ISO 14040[2], l’analyse du cycle de vie (ACV) comporte quatre phases :

  1. Définir les objectifs et le champ de l’étude (c’est à dire le cadre méthodologique auquel doivent se conformer les phases suivantes)
  2. Effectuer l’inventaire de tous les entrants et sortants du ou des systèmes de produits
  3. Évaluer les impacts potentiels liés à ces entrants et sortants
  4. Interpréter les données d’inventaire et les résultats de l’évaluation des impacts.

La figure suivante présente le cadre d’une ACV, tel que suggéré par ISO. Comme le montre le schéma, l’ACV est un processus itératif. Les choix effectués au cours de l’étude peuvent être modifiés par l’acquisition d’informations nouvelles.

Cadre d'une ACV selon ISO

Des variantes à la méthode, dues à des contraintes de temps et/ou de coûts, ont été formulées selon les principes cadres établis par la Society of Environmental Toxicology and Chemistry (SETAC). Par exemple, les frontières du système peuvent être limitées à certaines étapes du cycle de vie ou à certaines catégories d’impacts ou encore aux plus grands contributeurs, identifiés selon le jugement et l’expérience d’experts.

L’analyse peut également être effectuée d’une façon strictement qualitative ou reposer essentiellement sur des données dites « secondaires », c’est-à-dire des données génériques provenant de la littérature ou de banques de données. De telles simplifications affectent la précision et l'applicabilité des résultats de l’ACV, mais permettent tout de même l'identification des impacts potentiels et, dans une certaine mesure, leur évaluation.

 

Applications

L’analyse du cycle de vie (ACV) se révèle d’une très grande utilité pour l'évaluation de l'impact environnemental des produits et matériaux. L'industrie l’utilise de plus en plus dans son processus décisionnel. Par ailleurs, les renseignements fournis par l'ACV peuvent influencer les choix politiques ainsi que les décisions en matière de réglementation environnementale.

Les ACV sont principalement utilisées pour (Labouze et al., 1996) :

  1. La comparaison environnementale des systèmes

    L’ACV permet d’effectuer des comparaisons sur un plan environnemental :

    • de produits similaires pour l’attribution d'écolabels
    • d’étapes du cycle de vie, pour augmenter la valeur environnementale d’un produit
    • de procédés ou de services pour alimenter une analyse de conformité
    • de méthodes de production
    • de choix de produits et de procédés.
  2. L'amélioration de la production

    L’ACV peut être employée pour améliorer la production d’un point de vue environnemental. L’ACV sert ainsi d’outil d’aide à la décision pour investir dans de nouveaux produits et procédés, pour optimiser la consommation d’énergie et de matières premières, pour identifier des solutions en matière de réduction des rejets et pour choisir des substances plus « propres ».

  3. Le développement commercial

    • pour l’obtention d’autorisations (dans le cas d’un nouveau produit, par exemple)
    • au niveau du marketing (pour la certification ou la création d’une image de marque)
    • comme support pour l’information au public (dans le cadre d’une déclaration environnementale de produit).

Un grand nombre d'ACV, pour la plupart européennes, ont déjà été réalisées. Elles portent sur une multitude de sujets. La liste suivante n’est pas exhaustive :

  • Vêtements
  • Sacs d’épicerie
  • Emballages et contenants
  • Machines distributrices
  • Produits comestibles
  • Ordinateur personnel
  • Couches
  • Papier
  • Bâtiments
  • Voitures
  • Bouteilles
  • Produits pharmaceutiques
  • Lieu d’enfouissement sanitaire
  • Sites contaminés
  • Moyens de transport
  • Services de l’hôtellerie
  • Portes et fenêtres
  • Appareils électroménagers.

 

Forces et limites

Forces

L’analyse du cycle de vie (ACV) est un outil qui présente de nombreux avantages :

  • L'ACV est le seul outil permettant d'évaluer les impacts environnementaux potentiels d'un produit ou service sur l’ensemble de son cycle de vie
  • L'ACV est une méthode standardisée selon les normes ISO
  • L'ACV fournit une vision d'ensemble d'un produit ou d'un service et permet d'éviter les déplacements de pollution d’une étape à l’autre du cycle de vie
  • L'ACV peut, par exemple, orienter la prise de décision pour une entreprise (domaine micro-économique) ou aider les gouvernements à définir une politique publique (domaine macro-économique)
  • L'ACV permet de remettre en question des idées reçues. Elle fournit des résultats objectifs et quantifiés qui peuvent faire contrepoids face à des choix politiques ou de société, à des « évidences » jamais remises en question ou à des habitudes de production et de consommation.

Limites

L'analyse du cycle de vie (ACV) comporte toutefois certaines limites :

  • Les résultats d'une ACV sont dépendants de la zone géographique d’où proviennent les données. Ainsi, des ACV réalisées en Europe ne peuvent être exploitées au Québec sans tenir compte de variations importantes liées au contexte géographique (par exemple, l'hydroélectricité est la principale source d’énergie québécoise tandis que l’Europe utilise d’autres sources d’énergie, comme le nucléaire).
  • L'ACV évalue des impacts potentiels et non des impacts réels. Ceux-ci ne donneront donc pas d'informations relatives à des dépassements de normes ou à des risques environnementaux.
  • Les résultats de deux ACV sur un même sujet peuvent différer selon les objectifs visés, les processus employés, la qualité des données et les méthodes d'évaluation des impacts. C'est pourquoi les normes ISO insistent sur la transparence de la méthode.
  • Une ACV détaillée requiert un grand nombre de données et de ressources nécessitant en particulier des bases de données et des logiciels spécialiés. Des experts doivent manipuler correctement ces informations et ces outils afin d'interpréter les résultats de l'ACV de la façon la plus juste.

 

Outils pédagogiques

Introduction à l'analyse du cycle de vie (ACV)

Pour en savoir plus sur l'ACV

Pour approfondir le sujet

  • Analyse du cycle de vie : Comprendre et réaliser un écobilan par Pierre Crettaz, Myriam Saadé, Olivier Jolliet

 

L'objectif de cet ouvrage est de permettre aux professeurs, chercheurs, étudiants, ingénieurs en environnement et développement de produits ainsi qu'aux cadres d'entreprise d'identifier les points clés d'une analyse du cycle de vie et de dégager des critères de cohérence indépendants d'intérêts particuliers (source : site du PPUR).

 

 

Veuillez également consulter la page des liens.

 

 

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[1] ISO 14040:2006, Management environnemental. Analyse du cycle de vie – Principes et cadre, Organisation internationale de standardisation.

[2] ISO14040 (2006), Principes et cadre; ISO14044 (2006), Exigences et lignes directrices; ISO14048 (2002), Format de documentation de données; ISO14044 (2006), Exigences et lignes directrices; ISO14049 (2000), Exemples d’application de l’ISO 14041 traitant de l’objectif et du champs d’étude et analyse de l’inventaire, International Organization for Standardization.